Parrainage du préfet par les lycéens sans papier des Hauts de Seine

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Mercredi 6 avril 2011, sous un beau soleil, agitation devant la préfecture de Nanterre, tour prétentieuse qui domine le département doré un temps promis au prince héritier Jean.

Il s’agissait de faire nos adieux au préfet Strzoda et d’accueillir dignement son remplaçant Pierre-André Peyvel qui nous vient du Haut-Rhin après un bref séjour au cabinet du bref ministère de la Défense de la voyageuse Alliot-Marie. Dans une autre vie, avant de faire ENA et préfet, il a été prof, agrégé d’histoire. On va voir ce qui lui en reste. Mais tous les espoirs ne sont pas perdus avec un préfet qui, en prenant son poste précédent dans le Haut-Rhin, déclarait « revendiquer et assumer son côté boy-scout et couteau suisse », précisant dans le journal Les Dernières nouvelles d’Alsace (12 septembre 2010) au sujet des objectifs chiffrés assignés à la police qu’on ne fait pas n’importe quoi pour les chiffres. Chiche ?

Afin de l’aider et de le soutenir contre le nuisible Guéant, des lycéens sans papiers et le RESF 92 ont décidé de prendre Pierre-André sous leur protection et de le parrainer pour l’empêcher de succomber à la tentation sarkozyste. Un bien bel office, comme en attestent la vidéo et les photos mises en ligne !

A la grande surprise des services de police qui le croyaient ailleurs, Pierre-André s’était déplacé en personne (les photos le prouvent) pour recevoir l’onction et les conseils des lycéens sans papiers qui, tous, ont bien voulu l’accepter pour filleul en répondant positivement aux formules magiques prononcées par Ouf et Oups, les maîtres de cérémonie.

Enfin, un guide de bonne pratiques a été remis à Pierre-André, rappelant ce qu’il faut faire (régulariser les lycéens sans papiers) et ne pas faire (il y a trois ans, un de ses prédécesseurs avait pondu une note de service expliquant comment arrêter les sans papiers au guichet de la préfecture, une banderole « Ici on arrête, ici on expulse » avait été déployée de 8h du matin à 16h, tous les jours pendant trois semaines. Au bout de 15 jours, la moitié des employés du service des étrangers étaient en arrêt maladie, déprimés. La circulaire avait été abrogée. Depuis 2007, 3 lycéens du 92 ont été expulsés —Suzilène, Taoufik, Mohamed. La mobilisation des profs et des élèves les a fait revenir tous les trois, record de France du retour du lycéen expulsé).

Prochaine étape : le parrainage des lycéens sans papiers par le Conseil régional le 6 mai et aussi et surtout : LA REGULARISATION DES LYCEENS SANS PAPIERS, LA, MAINTENANT , TOUT DE SUITE, EN ATTENDANT QUE LA LOI CHANGE , TRES VITE !