La presse en parle ...

Vous avez dit Sabotage ?
 

Le Parisien, 2 juin 2001
 

Châtenay-Malabry

L'employé de mairie affecté dans un dépotoir

D'ABORD LE SITE : un terrain vague encombré de branchages, ferrailles, parpaings, sable et autres panneaux désossés. A gauche, le « bureau » : un carré de béton et de tôle sans fenêtre avec pour seul mobilier une table en formica et une chaise. Au fond, les « sanitaires » : dans un pavillon abandonné, une cuvette crasseuse sur un linoléum antédiluvien jonché de bouteilles plastique éventrées. Pour s'y rendre, il faut enjamber des tas de gravats et traverser un hangar dont le toit menace de s'effondrer au moindre coup de vent... C'est dans cet espace insalubre et dangereux, sis au 57-59 avenue de la Division-Leclerc, qui abrite aujourd'hui la déchetterie municipale, que vient d'être affecté un agent administratif de la mairie RPF de Châtenay-Malabry. Sa mission : estimer le tonnage des ordures qui y sont entreposées et « surveiller les allées et venues des camions poubelles ». « Un placard discriminatoire » accuse l'employé en question, Dominique Cardot, secrétaire de la section du PCF de la commune, délégué du personnel CGT des communaux châtenaysiens et... adjoint au maire communiste de Malakoff. Une analyse que partageait hier la trentaine d'élus de gauche et syndicalistes de la ville et des communes voisines venus « visiter » les lieux.

« On se croirait dans le quart-monde » « Quelle honte ce truc », soupirait Catherine Margaté, premier édile de Malakoff, en découvrant le sort réservé à son adjoint. Un peu plus loin, Michèle Canet, conseillère générale socialiste de Châtenay, affichait une mine consternée : « Ça me rend malade ». « On se croirait dans le quart-monde », commentait un conseiller municipal de Montrouge... Très embarrassé par ce « loupé regrettable » dont il affirme n'avoir pris connaissance qu'hier, le maire de Châtenay-Malabry assure que « des travaux seront entrepris dès mardi prochain ». « Mais que l'on n'exploite pas politiquement cette affaire en évoquant une quelconque chasse aux sorcières !, tempête le premier édile. J'ai toujours respecté le droit syndical et celui des élus. » Il semble que ce mea culpa du maire arrive un peu tard car la CGT ne compte pas en rester là. Un préavis de grève a été déposé hier après-midi par les fonctionnaires territoriaux qui appellent à un rassemblement jeudi prochain à 11 h 30 devant l'hôtel de ville. « Nous envisageons également d'engager une procédure pénale pour discrimination et harcèlement », affirme Dominique Cardot, qui rencontrait hier soir un avocat en présence des élus et militants de l'opposition châtenaysienne. C'est au lendemain des élections municipales de mars dernier, qui ont reconduit Georges Siffredi dès le premier tour, que le dialogue s'est grippé entre le délégué syndical et ses employeurs. « Il y a encore trois mois, le maire me tutoyait, raconte Dominique Cardot. Il y avait un respect de l'adversaire. Et puis brusquement la situation s'est dégradée. »

Bras de fer Fin mars, le communiste est sommé de quitter le comité des oeuvres sociales (COS) de la mairie où il travaillait à mi-temps depuis cinq ans pour être muté au service voirie. Dès lors s'engage un bras de fer. En guise de riposte, le délégué CGT demande à bénéficier de l'intégralité des heures de décharge à laquelle il a droit au titre de délégué syndical et d'adjoint au maire, soit plus de 35 heures hebdomadaires. Le maire refuse « de payer quelqu'un qui n'est jamais là. » La CGT dépose un recours gracieux contre cette décision prise trop hâtivement « sans respecter la procédure légale ». Et mardi dernier Dominique Cardot découvre avec stupeur ses nouveaux appartements...

Maguelone Bonnaud

 

 

A propos des élections municipales 2001
 

Politis, 22 mars 2001 : l'article que nous préférons
 

Dossier

La poussée
d'une gauche critique

Un dossier coordonné par Michel Soudais 



Le moins que l'on puisse dire est que le gouvernement de Lionel Jospin a été interpellé sur sa gauche. Au delà de 
l'avertissement, ce mouvement peut-il s'installer durablement dans notre vie politique ? 


Contrôleurs
aux comptes publics 

A Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), la liste associative a tout bousculé et atteint 17% au premier tour. Premier coup de génie des motivé-e-s locaux : le contrôle systématique de toutes les factures du maire, dès 1996. Rencontre avec des démocrates radicaux qui réinventent la chose publique.

Georges Siffredi n'aurait pas dû. En juin 1995, quand ce RPR - tendance Pasqua - s'empare de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), pourtant vieux fief de la gauche, il commet deux erreurs de taille. Et d'une, il affiche un solide mépris pour les affaires culturelles, au point de ne même pas en parler dans son programme électoral. Et de deux, il décide d'assommer la population locale avec une folle augmentation des impôts locaux : +76% en 1996, officiellement pour combler le trou laissé par l'ancienne équipe socialiste.

« On a tout de suite craint, raconte Philippe Laville, pour la Piscine - notre théâtre - et notre cinéma, le Rex. Juste après les élections, au cours d'une fête des parents d'élèves, on a pensé créer une association. C'est indiscutable : monsieur Siffredi a servi de détonateur.  » Citoyens unis pour Châtenay-Malabry (CUCM) rassemble très vite plusieurs dizaines de membres -  jusqu'à 250 ces derniers mois - mais certains ont une bien étrange conception de la vie associative.

« Les socialistes de l'ancienne municipalité ont tout de suite espéré mettre la main sur CUCM, se souvient Michel Plante. Ils ont fait adhérer massivement leurs militants, puis verrouillé les statuts, en imposant par exemple comme membres de droit les élus du conseil municipal, et en contrôlant la comptabilité. Il nous a bien fallu quatre ans pour prendre le dessus sur eux.  »

N'empêche : l'association prend son envol et crée cinq groupes thématiques, dont les principaux portent sur la culture et l'urbanisme. Dans cette ville on ne peut mieux aérée - les espaces verts y couvrent 50% de la surface -, il peut être tentant de bétonner un peu. Or Georges Siffredi appartient à ce gaullisme immobilier façon Balkany, qui a transformé Levallois-Perret en ville-dortoir pour cadres supérieurs. « Dans des villes gagnées par la droite en 1983 et 1989, comme Antony et Le Plessis-Robinson, constate Bernard Mottuel, la moindre réserve foncière est devenue une résidence de luxe. On avait très peur que Siffredi fasse pareil. »

Mais le nouveau maire a une autre priorité : les impôts locaux. En les augmentant de 76%, il met le feu à la ville. CUCM parviendra - l'exploit n'est pas mince - à  réunir dans cette ville de 30 000 habitants une manifestation de 2 500 personnes ! En octobre 1996, 600 manifestants, rassemblés sur le parvis de la mairie à l'occasion d'un conseil municipal, sont violemment virés et matraqués par des brigades d'intervention de la police nationale.

C'est alors que naît la première idée géniale des citoyens-unis : les plus allumés décident de contrôler les comptes du maire. Tous les comptes, soit 300 millions de francs de factures sur deux exercices. M. Siffredi, allez savoir pourquoi, refuse d'ouvrir ses livres, mais CUCM saisit la Commission d'accès aux documents administratifs (Cada) et obtient satisfaction.

« Pendant une année entière, tous les mercredis, on s'est relayé en mairie, rapporte Philippe Laville. Un travail inimaginable qui a mobilisé au total une vingtaine d'entre nous. Quand on regardait les comptes de la droite, les socialistes étaient tout à fait d'accord, mais quand on s'est mis à regarder ceux de l'ancienne municipalité, ils ont commencé à dire : "Mais enfin, ça ne rime à rien ! Vous ne trouverez rien !" On a continué quand même. »

L'association réussit à prouver que la mairie a fait rentrer dans ses caisses, grâce aux 76% d'augmentation des impôts locaux, 37 millions de francs, dont 17 ont effectivement pu combler le déficit laissé par les socialistes. Mais les 20 autres ? Les citoyens - quel beau nom, parfois - se tournent alors vers la ville et organisent des comptes-rendus publics qui changent le climat de Châtenay. « Le contrôle des comptes, dit joliment Philippe Laville, a donné à beaucoup le goût de savoir. »

Dans la foulée, CUCM lance un journal et des conférences-débats plutôt courus, où l'on discute tantôt du budget, tantôt de la sécurité, de la santé ou de la culture. L'improbable prend tournure : militants de Ras-le-front et petits chefs d'entreprise, laïcards et catholiques convaincus, membres de la CFDT ou de la FSU, parents d'élèves se retrouvent autour du même socle : obtenir la transparence totale de la gestion et donner réellement la parole aux habitants. « Nous avons même été aidés, rappelle Philippe, par un ancien maire-adjoint de Sceaux, spécialiste des finances, et qui était écoeuré par les pratiques du maire. »

Comment l'association aurait-elle pu manquer le rendez-vous des municipales ? Après quelques hésitations, CUCM décide de se présenter, sans folle espérance. « On nous prédisait 7%, assure Bernard Mottuel, et on attendait autour de 10%. Mais on a eu 17,21%, le plus fort score des listes associatives en région parisienne. »

Certes, Georges Siffredi l'a emporté dès le premier tour, avec 53% des voix, mais les citoyens-unis de Châtenay n'ont aucunement l'intention de baisser les bras, au contraire. Chemin faisant, ils ont découvert le "budget participatif" à la mode brésilienne, le développement durable, le commerce équitable et la solidarité internationale. « Pour ce qui me concerne, note Philippe, je n'avais jamais entendu parler, en 1996, de Porto Alegre, mais notre contrôle des comptes s'inscrit bien dans cette démarche-là. Et je fais partie depuis deux ans, avec Jean-Marc Charasz, d'un réseau international qui s'appelle Démocratiser radicalement  la démocratie, très inspiré par l'expérience brésilienne, et qui réunit aussi bien des Européens que des Africains. »

L'expérience a bien entendu ses limites : l'association compte fort peu de jeunes - moyenne d'âge de la liste : 46 ans - et recrute pour l'essentiel dans la petite bourgeoisie intellectuelle. « A la Butte rouge, dans la plus grande cité, reconnaît Philippe, nous sommes connus comme ceux qui "écrivent tout petit" sur leurs tracts, et nous y avons fait nos scores les plus faibles. » La suite ? On verra bien, mais une chose est certaine : des centaines de citoyens ont réappris la chose publique et retrouvé le goût de l'action. Ne s'agit-il pas déjà d'une petite révolution ? « On va continuer, c'est sûr qu'on va continuer », concluent les motivé-e-s de Châtenay. On attend déjà de leurs nouvelles.

Fabrice Nicolino

 

Le Monde,  13 mars 2001
 

Porto Alegre inspire Châtenay Malabry

Parmi les listes réunies à Toulouse pour les états généraux des listes Motivé-e-s, les 3 et 4 février, celle de Châtenay Malabry (Hauts de Seine) avait fait forte impression. Baptisée "Citoyens Unis", elle a atteint, au premier tour, le score exceptionnel de 17,2%, en fondant son programme sur une expérience du budget participatif, inspirée du modèle de Porto Alegre, au Brésil. Une association, ancrée depuis cinq ans dans le paysage local, après avoir pris l'initiative de contrôler toutes les factures de la ville, à la suite de la plus forte hausse d'impôts locaux du pays en 1996, a servi de base à cette liste. A Toulouse, ses représentants ont suggéré l'idée, s'ils étaient élus, de créer des binômes - un membre de l'association "surveillant" un élu - afin de préserver l'esprit démocratique et de se garder des démons du  pouvoir. Une idée de "démocratie participative" qui avait beaucoup séduit le public des états généraux. Le credo des Citoyens Unis est de "rendre les citoyens maîtres des décisions régissant la vie locale".

Dès le lendemain des élections, notre résultat a été remarqué.
En ce qui concerne le travail en binôme, la position exacte de Citoyens Unis pour Châtenay Malabry figure dans notre charte.

Le Monde, 16 mars 2001
 
Les "citoyens" de Châtenay-Malabry face à la "gauche féodale" 
Jeudi 15 mars 2001
(LE MONDE)

Deux ou trois ballons de baudruche tout neufs, marqués du label de la liste "Citoyens unis", traînent encore dans leurs sacs : si les ballons étaient "restés accrochés dans les arbres" de Châtenay-Malabry, la nuit précédant le premier tour des municipales, ils auraient "risqué un recours", et ces candidats-experts-là sont plutôt sages. 

Sages et déçus : Philippe Laville, professeur, et Geneviève Colomer, ingénieur, comptaient bien que, le 18 mars, grâce à eux, la gauche battrait le maire (RPF), Georges Siffredi, réélu, le 11 mars, avec 53,3 % des voix.
L'histoire commence au lendemain des élections de 1995. M. Siffredi vient de ravir Châtenay à une mairie socialiste qui s'endormait doucement. Quelques parents d'élèves décident de créer une association, Citoyens unis pour Châtenay-Malabry. Dans cette ville marquée, depuis Emmanuel Mounier, par une tradition de catholicisme social, les forces restent vives. En 1995, la ville connaît l'une des plus fortes hausses d'impôts locaux de France : 76 %. Devant la mairie, une manifestation de 600 personnes est dispersée sans ménagement.
Les militants de la nouvelle association prennent les choses en main et potassent les fondamentaux des finances locales pour "passer les exercices budgétaires au peigne fin". Des anciens élus PS, un peu inquiets, décident d'investir l'association. Après Que choisir ?, la revue Territoires s'intéresse à ces "bénévoles qui planchent sur les finances de leur commune", et édite, avec leur aide, un petit guide, Contrôle des citoyens sur les deniers publics.
Profs, médecins, "cultureux", les voilà vite deux cent cinquante militants-experts à réclamer la démocratie locale en rejetant absolument tout "apolitisme" : ils se veulent soucieux de "promouvoir la transparence, la citoyenneté et l'engagement de tous, y compris des résidents étrangers". Aucun, ou presque, n'est encarté. Tous, ou presque, se disent à gauche, du SNUipp pour l'un à la CFDT pour l'autre en passant par la FSU, de Ras l'front au Secours catholique, de "la Fondation Copernic à Attac", résume Philippe Laville, lui-même ancien du SNES. "Le lien, c'est que nous ne sommes pas contre la gauche, seulement contre ses dérives féodales et d'appareil." Au Centre Jules-Verne, leurs conférences-débats avec Le Monde diplomatique, l'ex-autogestionnaire Patrick Viveret ou le sociologue Loïck Wac! quant réunissent souvent plus de 200 personnes.
Sur leur route, il y a deux ans, les "Citoyens unis" ont découvert Porto Alegre. "On n'en avait jamais entendu parler", sourit M. Laville. "Ça a été un sacré déclencheur. Là-bas, sortant de la dictature dans des conditions autrement plus difficiles, ils réussissaient ce qu'on voulait faire", et notamment ce fameux "budget participatif" inscrit à leur programme. Puis, fin 2000, ils ont une autre "révélation". Elle s'appelle Motivé-e-s. "Cette fois, c'était la rencontre avec une autre génération", résume Mme Colomer, qui se rend aux états généraux des listes Motivé-e-s, à Toulouse, en février.
La dernière rencontre fut celle avec les électeurs : 17,2 % au soir du 11 mars, trois élus et un groupe au conseil municipal. La gauche "officielle", emmenée par la conseillère générale socialiste Michèle Canet, n'a réuni que 29,5 % des voix. "Sans provo, on aurait préféré faire un peu moins et que la gauche fasse un peu plus." Les jeunes de Châtenay ne se sont pas inscrits sur les listes électorales. Mais, surtout, en analysant les résultat bureau par bureau, l'association a eu la plus mauvaise surprise de la campagne. Sur la Butte rouge - l'une des premières cités-jardins -, devenue un quartier difficile, les scores de Citoyens unis sont les plus mauvais de toute la ville. "Un grave échec", résume M. Laville. "Une boîte postale, un répondeur et Internet, c'est pas pour les gens de la Butte." Il se souvient d'une! parole entendue, un jour, sur un trottoir: "Citoyens unis ? Ah, c'est ceux qui font des tracts qu'on n'arrive pas à lire..."

Ariane Chemin
 

Résultat de deux heures d'entretien, cet article contient quelques inexactitudes, principalement :
  • Philippe Laville est toujours membre du SNES. Il a été jusqu'en 1992 l'un des secrétaires nationaux de ce syndicat des enseignements de second degré
  • Daniel Viveret n'est jamais venu à Châtenay-Malabry, mais il s'est rendu à Meudon, chez nos amis d'Objectif Meudon.
  • Le commentaire sur les tracts "qu'on n'arrive pas à lire" était en réalité "des tracts écrits tout petit".
  • Et, si c'est en 1996 que Châtenay a connu les 76% d'augmentation d'impôts, c'est dès 1995 que l'association a dû résister aux tentatives de contrôle, à défaut de pilotage, par divers militants politiques.
Le Nouvel Observateur (Paris-Ile-de-France), 29 mars 2001
 
Mairies : des Vertes et des plurielles
Quasi inconnues avant le 18 mars, ces six élues de gauche renouvellent les assemblées locales en costume cravate.
Geneviève Colomer

(Châtenay-Malabry, 92)

Motivé-e-s pour continuer

Forte des 17% de voix recueillies au premier tour par le mouvement Citoyens Unis pour Châtenay Malabry, la n°2 de la liste, Geneviève Colomer, 44 ans, a décidé de quitter son entreprise de menuiserie pour mieux arpenter le terrain. La gauche a principalement flanché dans les quartiers populaires. Notamment celui de la Butte-Rouge. C'est donc là que les Citoyens Unis veulent s'implanter. Une Banque des pauvres, un Resto du coeur... et assurer le relais du combat des trois élus au conseil municipal en faveur de la démocratie participative. Pour l'immédiat : une grande fête de toutes les listes citoyennes de la banlieue parisienne !

Les autres femmes mentionnées dans l'article

Anne Hidalgo (Paris, 15è)
La préférée de Delanoë

Hélène Corouge (Bagneux, 92)
Label Hélène

Aurélie Filipetti (Paris, 5è)
La bleue toute Verte

Catherine Margaté (Malakoff, 92)
La coco des bobos

Christine Béraud (Roissy-en-Brie, 77)
Elle a "tombé" la droite

Archivés ci-dessous:

Politis, Le Parisien, mars 99, à propos de la révision abusive des listes électorales

"Le Parisien" - Mai 98,

"L"Humanité Hebdo" - Juin 98

"Capital" - Septembre 98

Revue "Territoires" - Aout 98,

"Politis" - Aout 98

"Charlie Hebdo"
 
 


A propos de la révison des listes électorales:

dans "LE PARISIEN" du 3 mars 99:
2 081 électeurs radiés devront être réinscrits 

Le tribunal d'instance d'Antony vient d'infliger un sacré revers à la municipalité de Châtenay-Malabry. A la suite d'un recours déposé par quatre élus de l'opposition, le tribunal a annulé la révision des listes électorales et a ordonné la réinscription immédiate de 2 081 électeurs. Cette décision de justice met un point final à une saga des listes électorales entamée il y a trois mois. A la mi-décembre, c'est l'envoi de 1 700 lettres recommandées, menaçant de radier les électeurs des listes électorales s'ils ne justifiaient pas de leur domicile avant la fin de l'année, qui a lancé la polémique. En effet, bon nombre de ces électeurs habitaient bel et bien à Châtenay et certains depuis longtemps. Saisi en janvier par le préfet, le tribunal administratif avait jugé sur la forme plus que sur le fond et finalement la radiation de 2 817 personnes sur près de 18 000 étaient entérinée. Seulement l'opposition ne comptait pas en rester là. Quatre élus de la gauche plurielle, dont Jean-François Merle, l'ancien maire socialiste, et Michel Canet, son ancien premier adjoint, ont alors déposé un recours devant le tribunal administratif demandant la réinscription des radiés. Convocation des électeurs concernés, perquisition à la mairie... Après enquête, le tribunal leur a donc donné raison.

En cherchant dans... l'annuaire 

Pour les électeurs radiés car ils n'avaient pas signalé leur changement d'adresse sur la commune, « aucune disposition légale ne fait obligation à l'électeur de faire connaître (...) au service des élections son changement d'adresse au sein d'une même commune », affirme le tribunal. Concernant la lettre recommandée envoyée en décembre, « ces courriers ont été adressés pendant la période des fêtes (...) et les délais impartis ne permettaient aux électeurs concernés ni de répondre avant le 31 décembre 1998, ni, le cas échéant, de solliciter leur inscription sur une autre liste électorale », soutient le tribunal. De plus, la justice souligne que, pour au moins 160 électeurs, il était possible de trouver leur nouvelle adresse sur Châtenay simplement en cherchant dans... l'annuaire. « Nous voulons le respect du droit, commentent satisfaits Jean-François Merle et Michel Canet. Il est normal que les gens qui n'habitent plus Châtenay soient radiés mais le tribunal a montré à la municipalité qu'elle ne pouvait pas faire n'importe quoi. » Du côté de la mairie, on préfère ne pas commenter cette décision de justice, mais la ville a pris acte. Les électeurs radiés seront réinscrits dans les plus brefs délais. 

Valérie LAYE

dans "POLITIS" - semaine du 21/01:
AGIR
Listes électorales à Châtenay-Malabry
Chaque année, les mairies révisent les listes électorales (suppressions, changements d'adresse, nouveaux électeurs). Or, plusieurs résidents de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) se plaignent d'avoir reçu un courrier recommandé de la mairie aux alentours du 20 décembre, en période de vacances scolaires : ce courrier leur demandait de justifier de leur domicile... avant le 31 décembre au risque d'être radiés des listes électorales !! Or, ces personnes n'ont pas changé d'adresse et avaient émargé sur les registres lors des dernières élections. Cafouillage ? Incompétence ? Volonté délibérée ? Des électeurs, inquiets de se voir radier, en appellent au préfet des Hauts-de-Seine.
Citoyens unis pour Châtenay-Malabry, 2, impasse de Sceaux, 92290 Châtenay-Malabry.
Tél. : 01 47 02 56 67.
source: http://www.politis.fr/pages/actus/actionsfr.htm

Archivés ci-dessous:

Politis, Le Parisien, mars 99, à propos de la révision abusive des listes électorales

"Le Parisien" - Mai 98,

"L"Humanité Hebdo" - Juin 98

"Capital" - Septembre 98

Revue "Territoires" - Aout 98,

"Politis" - Aout 98

"Charlie Hebdo"
 
 

"Capital" - Septembre 98

Revue "Territoires",
 
 

"Politis" - Aout 98

à propos du THEATRE "La Piscine":

Après le licenciement en 1996 du personnel qui animait le théatre depuis 3 ans, l'association

"Une ville se raconte" est aujourd'hui expulsée des lieux...

Extrait de Charlie Hebdo du 10 juin 98
 
 
 
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