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Les faits :
Peu de temps avant les fêtes de Noel, dans une petite
résidence tranquille, jouxtant le parc de la Maison de
Chateaubriand, une brigade de CRS, accompagnée d'un groupe de
policiers nationaux et d'une BAC, investit un hall d'immeuble
où quelques jeunes discutaient calmement.
Brutalités et matraquages immédiats de jeunes, mais aussi de moins jeunes tentant d'intervenir pour calmer la situation. Aucune plainte déposée pour bruit, aucun précédent policier avec ces personnes, aucune accusation portée à leur encontre après le contrôle musclé qu'ils ont subi (rien de répréhensible sur eux), si ce n'est "rébellion à agent" !
Trois d'entre eux, un lycéen et deux salariés estimés de leurs employeurs, ont eu le malheur de s'indigner. Ils ont subi le plus de dommages (une botte de CRS a été posée sur le visage d'un jeune Antillais jeté à terre ! un "cul-blanc" hospitalisé pour pose de 6 agrafes sur le crane), ont été menottés, déférés en comparution immédiate comme de grands malfaiteurs, et écroués à la Maison d'arrÍt de Nanterre, jusqu'au jugement sur le fond, annoncé pour lundi prochain 7 janvier !
Deux jeunes vont
ainsi avoir passé les fÍtes de fin d'année en
prison "pour l'exemple", sans avoir commis le moindre délit,
et contre la proposition du Procureur ainsi qu'en témoigne par
hasard, un "Carnets de Justice" dans Libération du 17/12.
Seule une demande de libération conditionnelle aura pu
Ítre examinÈe !
Toutes les conditions étaient réunies pour provoquer
une explosion de violence des jeunes de cette résidence,
d'autant que des provocations policières se sont reproduites
depuis presque quotidiennement ! Nous avons contribué à
l'éviter, mais de tels actes répréhensibles, et
souvent impunis, se multiplient ailleurs !
Comment s'opposer aux tentations de policiers de faire régner
leur justice en profitant de la récente loi qui, sous couvert
de lutte contre le terrorisme, permet de graves abus dont personne
n'est aujourd'hui à l'abri, alors que, dans le même
temps, le taux d'élucidation par la police des actes
réels de délinquance n'a jamais été aussi
faible (entre 20 et 30% des plaintes) ?
Qui a intérêt actuellement, au sein de la police et dans
le monde politique, à entretenir une stratégie de
tension, à générer ou accroître un
sentiment d'insécurité ?
Nous espérons que vous serez sensibles à cette question
qui semble être devenue un enjeu majeur de la campagne
électorale, et aux graves dérives constatées
pour la démocratie et les libertés individuelles et
collectives dans notre pays.
Meilleures salutations.
Pour CITOYENS
UNIS POUR CHATENAY, Philippe Laville, Geneviève Colomer,
conseillers municipaux associatifs depuis mars
Pour la LIGUE DES
DROITS DE L'HOMME, Philippe Voiron
Citoyens Unis
Châtenay Malabry
BP 28 - 92292 Chatenay Malabry
LDH Section de
Châtenay
2 rue René-Louis Lafforgue
92290 Châtenay-Malabry
Comité de soutien des habitants de la résidence
Toit et Joie aux inculpés du 13/12/01
127, rue Chateaubriand 92290 Châtenay-Malabry
Article de
Libération
du 7 janvier 2002 relatant les faits décrit ci-dessus.